Solitude et boyaux
La capitale allemande, ses espaces et ses heures
Coulent sur mon corps inquiet
Y déposant un limon enfantin
Je pédale au hasard
Tout comme je vis
La mort, elle, aura un lieu, sans doute
Pour l'instant je remplis
ma panse et les chiottes
de nourritures larges
et de tristesses lâches
Cela ne m'empêche pas
- car je me prête au jeu -
De sourire à ces femmes
Et d'aimer mes amis
Qui s'élèvent loin, très loin
Les berlinoises promenades
toujours en vacances
Balaient enfin le temps -
le temps de mon séjour sur terre
Ma solitude creuse
d'artificiels lacs
Que je regarde, paisible, s'éloigner
là-bas;
L'odeur des côtes de porc
et des lourdes saucisses
me rappellent, heureusement,
les sucs et les boyaux:
C'est un apaisement car
les viandes et les sauces
qu'ingurgitent les estivants
annihilent un peu
mon cerveau distendu.
Les enfants courent cul nu
Jouissant des tendresses d'une herbe encore première
Qu'ils foulent d'un pied réel
Les parents les regardent,
Oublient un peu le reste: ils se relâchent
c'est beau
Moi, je suis vraiment seul,
Est-ce un tort, un forfait?
Et tout autour,
sous le soleil de mai,
Se peuple la planète;
le printemps est en fête.
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