samedi 24 mai 2008

Solitude et boyaux


La capitale allemande, ses espaces et ses heures

Coulent sur mon corps inquiet

Y déposant un limon enfantin


Je pédale au hasard

Tout comme je vis

La mort, elle, aura un lieu, sans doute


Pour l'instant je remplis

ma panse et les chiottes

de nourritures larges

et de tristesses lâches


Cela ne m'empêche pas

    - car je me prête au jeu -

De sourire à ces femmes

Et d'aimer mes amis

Qui s'élèvent loin, très loin


Les berlinoises promenades

toujours en vacances

Balaient enfin le temps -

le temps de mon séjour sur terre


Ma solitude creuse

d'artificiels lacs

Que je regarde, paisible, s'éloigner

là-bas;

L'odeur des côtes de porc

et des lourdes saucisses

me rappellent, heureusement,

les sucs et les boyaux:

C'est un apaisement car

les viandes et les sauces

qu'ingurgitent les estivants

annihilent un peu

mon cerveau distendu.


Les enfants courent cul nu

Jouissant des tendresses d'une herbe encore première

Qu'ils foulent d'un pied réel


Les parents les regardent,

Oublient un peu le reste: ils se relâchent

c'est beau


Moi, je suis vraiment seul,

Est-ce un tort, un forfait?

Et tout autour,

sous le soleil de mai,

Se peuple la planète;

le printemps est en fête.

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